C’est étrange de sentir que l’on est passé de l’autre côté. De l’autre côté de quoi ? Passer un cap, une étape, une transformation vers un nouvel état.

Les rites de passage, qu’est-ce que c’est en fait ? Est-ce qu’un matin on se réveille différent.e ? Est-ce qu’il y a un avant-après passage ? Un hier et un aujourd’hui, aux frontières clairement définies comme on ouvre le chapitre d’un livre ?

Eh bien, aujourd’hui, je viens de ressentir dans mon corps l’un de ces passages. Ni au travers d’un rituel, ni d’une méditation… Tout simplement, assise dans un restaurant avec ma sœur, en un coup. J’ai eu la certitude soudain d’être à un autre endroit de ma vie. Comme si je regardais par-dessus la clôture de la prairie de ma vie d’avant, pour m’apercevoir qu’elle n’est plus délimitée par les mêmes perspectives que la prairie d’aujourd’hui. Et pourtant, cette réalisation ne s’est donc pas vécue avec autant d’évidence qu’assise dans ce restaurant. Ni le jour de mon mariage, de l’achat de notre maison, où au moment de l’accouchement de notre fils comme j’aurais pu l’imaginer… Contrairement à ce que je pouvais projeter enfant lorsque je pensais : « Je serai auteure à succès, comédienne, j’aurai un mari et des enfants, et nous serons heureux. », je ne me suis pas réveillée un matin avec ce sentiment : « Ah voilà, j’y suis ! ». La vie s’est déroulée de manière confuse, imperceptible, les choses prennent place et puis soudain, un jour pluvieux comme aujourd’hui, de passage à Bruxelles, je réalise que je ne suis plus (seulement) une jeune fille pleine d’énergie et d’envies, de rêves et d’ambitions… Mais que je suis épouse, maman, entrepreneuse, et que je n’ai plus l’énergie que j’avais il y a quelques années. Physiquement, mentalement, énergétiquement : je ne peux plus faire les mêmes choses. Tout simplement parce que l’envie s’est déplacée. Quand ma sœur m’a dit : « Tu viens à l’escalade ? – Heu, quand ça ? – Eh bien, à 18h30. – Quoi, dans 2h ? … » Oups. Vertige. Immédiatement, des calculs s’agitent dans ma tête de maman : repas du bébé, coucher, déplacement, organisation… Mais surtout la fatigue devient lourde comme une enclume. Non, je n’ai plus l’énergie pour tout cela. Alors, cela me percute : je suis passée du côté des femmes-mères. Une femme qui économise son temps, et qui grappille tout instant volé pour se reconnecter à elle-même et à ses désirs comme elle le peut.

Me voilà donc, marchant sous la pluie, serrant contre mon cœur la part de moi d’hier, jeune fille pleine d’énergie et d’envies, qui pleure avec les gouttes baignant mon visage. « C’était donc cela, ce rêve que j’ai eu il y a quelques jours ! ». Cette embrassade fraternelle et tendre avec deux hommes qui ont marqué ma jeunesse au fer rouge, une réunion que je n’espérais plus. Tous les trois, réunis, comme pour marquer un cap. Le voilà : je peux laisser la mélancolie derrière moi, un seuil a été franchi. J’embrasse alors la tristesse de ne plus avoir un temps élastique et le corps qui va avec… J’ai un corps et un cœur de maman, une horloge dans la tête et des sourires soudains d’une petite bouille qui effacent tout le reste.

Je sais que je vous prends le vôtre de temps. Si vous me lisez encore,

c’est que quelque chose en vous comprend cette étrange sensation de passer à un autre niveau, celle sur laquelle je tente de mettre des mots pour clarifier ce que je vis.

J’ai réalisé enfin ce que j’ai toujours cru comprendre : apprendre à désapprendre. Philosophiquement cela paraît très sensé. Mais dans le corps, qu’est-ce que cela veut dire ? A présent je dirais que cela veut dire : savoir que je ne sais pas. Car plus j’avance, plus mon cerveau forme la plupart du temps comme un brouillard, duquel les informations et les réponses parviennent d’on ne sait où… Intuition ? Perception ? Empathie ? Peur ? Expérience ? Réponse toute faite ?… Je ne sais pas.

Toute ma vie j’ai eu de grands objectifs. Mais aujourd’hui, la plupart de mes rêves d’enfant se réalisent sans que je ne fasse plus tellement d’efforts pour qu’ils se manifestent. C’est étrange, n’est-ce pas ? Cette façon que nous avons de nous battre, chercher à obtenir, guetter, appeler… Puis il suffit parfois de s’éloigner, observer le temps qui ralenti… – Et l’espace entre mes pensées qui devient plus épais, sans pour autant devenir plus sage, simplement moins vivace ! -… Et les réalisations qui tombent soudain au moment où l’on ne s’y attendait plus. Pour ma part, j’apprends par exemple il y a quelques jours qu’un éditeur que j’estime beaucoup désire me publier… Mon rêve de petite fille !

Je croyais tout savoir, tout pouvoir programmer, anticiper, à ces âges où j’attendais tout de toi, la vie… Tu me faisais languir, désespérer, m’atrophier, me torturer… Et quand je ne t’attendais plus vraiment, tu me donnes tout.

Si je comprends une chose, c’est que je n’ai pas le droit de donner des conseils définitifs. Je vais encore m’y prendre les pieds, attention, je vais tomber de nombreuses fois car je suis têtue, que j’aime réapprendre et que j’ai la mémoire courte… Mais dans le fond, je sais qu’une expérience ne pourra jamais être identifiée à une autre. Une jeune fille n’est pas une autre, une maman n’est pas l’autre. Certaines voudront danser, grimper à l’escalade, d’autres préfèreront écrire cet article… Personne ne peut nous dire exactement comme ce sera, la vie. C’est à nous de faire le chemin.

Si je sais quelque chose, c’est que la vie est ponctuée de moments d’élévation, de joie et de prises de conscience, de ralentissements, de douleurs et d’hibernations… Et que cela ne forme ni toujours une ligne droite, un escalier ou une spirale… Ce dessin est propre à chacun.e, et que nous y décodons nos propres passages et nos changements d’état.

Alors aujourd’hui, je célèbre la joie de ne rien conseiller ! Je regrette un peu l’image idéale de ces communautés primitives où les passages de la vie sont marqués par des rites et des célébrations… Cela fait sans doute gagner du temps et cela permet peut-être d’éviter regrets qui nous font réaliser ne plus pouvoir faire comme avant. Mais cette absence de démarcation occidentale ne nous conduit-elle pas aussi à être doublement plus attentif.ve.s à : notre corps, notre cœur, notre rythme, nos saisons intérieures… Pour comprendre ce que nous vivons et pour nous donner l’envie de partager ensemble nos prises de conscience ?

J’aime profondément vous lire, vous entendre, plonger à la lecture et à l’écoute de vos rêves, partager ensemble des moments hors du temps… Ici, ailleurs, via mon site internet, au Centre Duo MoonDo, lieu que nous avons créé dans le Sud-Ouest de la France, mon mari Guillaume et moi, dans cette intention de partager avec vous un petit bout de chemin… Alors n’hésitez pas à m’écrire, m’appeler, imaginer ensemble des projets, rire, s’émerveiller… Chaque échange avec vous m’offre l’opportunité de grandir en conscience et m’invite à célébrer cette vie qui nous réunit dans nos petites et grandes expériences !

Qui suis-je ?

Amala Klep Kremmel est autrice et initiatrice pour les femmes. Co-fondatrice du Centre Duo MoonDo, dans le Sud-Ouest de la France, elle y accueille des groupes et individuels avec son mari, afin de les accompagner dans leur transformation individuelle. Amala est la fondatrice de l’École des Éveilleuses du Féminin, école contemporaine des Mystères pour les femmes. Elle est aussi maman, yogini et artiste. 

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